• 1610
    le 13 mai
    Naissance du couteau de table

    Profondément agacé, et sans doute un peu inquiété, par tous ces gentilshommes qui se curent les dents avec la pointe du couteau à table, Richelieu décide de sévir et fait arrondir tous les couteaux. Le cardinal devient ainsi l'inventeur du couteau de table, destiné à remplacé l'usage du poignard pour couper la viande. Au XVIe siècle, François Ier avait ramené des campagnes d'Italie l'usage de l'assiette tandis que le très raffiné Henri III avait mis à la mode la fourchette. Il faudra attendre le XIXe pour que le raffinement soit complet et que l'on ajoute des verres.

    1927
    le 13 mai
    Vendredi noir !

    C'est le vendredi noir allemand ! Deux ans avant le krach boursier de Wall Street, le système économique germanique s'effondre... Les conséquences sont désastreuses sur le pays et la population ! Précurseur de Wall Street et annonceur d'un grand nombre de malheurs, l'Histoire ne s'écrit et ne se comprend qu'avec lui.

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  • Les trois Saints de Glace comme les Mousquetaires étaient quatre

    Saint-Mamert
    Evêque de Vienne, en Dauphiné (+ 474)
    "Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace."
    Fête locale le 11 mai
    Saint-Pancrace
    Martyr à Rome (+ 304)
    "Saint Pancrace, Gervais et Boniface apportent souvent la glace"
    Fête locale le 12 mai

    Saint-Servais
    Evêque de Tongres (+ 384)
    "Avant Saint-Servais : point d'été, après Saint-Servais : plus de gelée."
    "Quand il pleut à la Saint Servais, pour le blé, signe mauvais."
    Fête locale le 13 mai


    Saint-Gervais souvent cité en lieu et place de Saint- Servais.

    "Saint-Gervais quand il est beau, tire Saint-Médard de l'eau."

     

    Saint-Urbain
    Pape au 17 ème siècle de 222 à 230 (+ 230)
    "Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré."
    "Mamert, Pancrace, Servais sont les trois Saints de Glace, mais Saint Urbain les tient tous dans sa main."
    Fête locale le 25 mai

     

    Et certains n'hésitent pas à ajouter Saint-Boniface

    Basé sur une vieille croyance reposant sur des observations dans les champs et les vignes, il est tous les ans une question qui revient et fait référence aux Saints de Glace et aux variations climatiques de cette période.

    D'abord faut-il savoir qu'il s'agit du 11, 12 et 13 mai, dates de mauvaise réputation pour toutes les "mains vertes" qui ne jardinent jamais avant le passage de ces journées annonciatrices d'un retour tardif des gelées, capables de réduire à zéro le travail des téméraires qui auraient osé planter avant cette échéance.

    Ne cherchez pas sur les calendriers la trilogie de ces Saints que sont Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint-Servais qui ont été remplacés par Sainte-Estelle, Saint-Achille et Sainte-Rolande.

    Cette substitution fut terminée lors du dernier concile de l'Eglise catholique en 1960 qui "nettoya" le calendrier de tous les personnages donnant lieu à des pratiques rituelles peu conforme avec la liturgie et considérées comme entachées de fond païen.

    Et c'est ainsi que nos "braves Saints de Glace" furent rayés au même titre que les guérisseurs, retrouveurs d'objets perdus ou encore traitant de la météorologie... Bien sûr ils étaient tous les ans implorés par les agriculteurs et les viticulteurs, qui à cette occasion retrouvaient et récitaient au cours de processions avec Monsieur le curé en tête, de pieuses prières qui n'étaient pas forcément dénuées d'arrière-pensées intéressées.

    Et pourtant si nous en recherchons les origines lointaines, très lointaines même, des gens d'alors avaient constaté qu'une brutale chute de la température nocturne ou plutôt matinale arrivait tous les ans aux alentours de ces trois journées. Cet élément climatologique qu'est le gel, particulièrement désastreux pour les plantations qui pourraient se trouver alors en début de germination, les incitait à laisser passer l'événement avant d'entreprendre les grands travaux de printemps, et pour les jardiniers et maraîcher planter, repiquer, semer, mettre en terre en toute quiétude.

    Aujourd'hui encore ils ne négligent pas ce vieux dicton et même la Météorologie pourtant peu soucieuse des proverbes, ne nie pas qu'il existe une période très froide qui peut survenir jusqu'en fin mai.

    Quant aux astrophysiciens, spécialistes particulièrement minutieux ils ont pour leur part remarqué "que vers la mi-mars, l'orbite de la terre passerait par une zone de l'espace sidéral particulièrement chargée de poussières, ce qui entraînerait une baisse de l'apport solaire sur notre planète et donc une diminution de la température."

    Ainsi leur sort étant réglé et ces chrétiens bannis des calendriers, il est peut-être intéressant de les découvrir à nouveau... si peu !

    11 Mai : Saint-Mamert, ancien archevêque de Vienne (en Gaule), serait mort vers 474. 

    12 Mai : Saint-Pancrace, était le neveu de Saint-Denis (célèbre pour la triste histoire des flèches ? ) serait mort martyr en 304 à l'âge de 14 ans.

    13 Mai : Saint-Servais (souvent confondu avec Saint- Gervais) aurait subit le martyre à Milan avec son frère Portaux sous l'empereur Néon. Il fut le premier à disparaître du calendrier, remplacé en 1811 par Saint Onésime et aujourd'hui par Sainte Rolande.

    Ainsi va le monde, moderne oui, mais toujours attaché à ses racines.

    ( Avril 2000 - ce texte est le condensé de recherches effectuées par henry)


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  • 1727
    le 12 mai
    Bains pudiques

    Publication d'une ordonnance à Paris qui interdit la nudité dans les bains publics et impose la séparation entre les hommes et les femmes. Ce regain de pudeur aurait sans doute pu se contenter d'une seule de ces deux mesures.

    1820
    le 12 mai
    Journée internationale de l’infirmière

    Florence Nightingale (1820-1910) est considérée comme une pionnière dans la lutte pour la valorisation du statut d’infirmière. Durant la guerre de Crimée (1853-1856) opposant l’Empire ottoman et la Russie impériale, la France et l’Angleterre ont soutenu les Turques. Face à l’horreur de la guerre, elle fonda le corps d’infirmières anglaises qui se dévoua en nettoyant l’hôpital de Scutari contre l’hostilité des docteurs et des officiers, ce qui fit chuter le taux de mortalité de 40% à 2%.

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  • 1902
    le 10 mai
    Méliès fait son cinéma

    Le Français Georges Méliès commence dans ses ateliers de Montreuil le tournage d'un film inspiré de l'oeuvre de Jules Verne : 'Le Voyage dans la Lune'. La durée prévue du tournage est de trois mois. Méliès a tout de suite saisi le potentiel du cinéma des frères Lumière, et n'a eu de cesse de leur racheter leur invention. Réticents au départ, ils cèdent fort heureusement, permettant à ce visionnaire génial de faire du cinéma un véritable spectacle, un art. Marchand d'illusions et de rêves, il crée une gamme incroyable de trucages et d'effets spéciaux, le tout mis au service d'une histoire. Le cinéma naît réellement grâce à lui et à son imaginaire sans limite.


    1908
    le 10 mai
    Sylphide

    La mode "tanagréenne" des couturiers fait scandale à l'hippodrome de Longchamp. Il faut dire que depuis 1906 le tissu épouse de plus en plus le corps des femmes et que la jupe perd de son ampleur. La silhouette féminine s'amincit, se dévoile, se devine...

    1940
    le 10 mai
    Hitler envahit la Belgique

    Près de 7 mois après que la France et l'Angleterre lui ont déclaré la guerre, l'Allemagne rompt le front occidental. Le Führer met ainsi fin à la "drôle de guerre" en lançant ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France. En à peine quelques jours, ce sont 8 à 10 millions de Belges et de Français qui se retrouvent sur les routes. Les états-majors néerlandais et belge capitulent les 15 et 27 mai. Les Allemands n'entrent dans Paris que le 14 juin. L'armistice demandé par le maréchal Pétain sera signé le 22 juin. 


    1968
    le 10 mai
    La "nuit des barricades"

    Dans la nuit du 10 au 11 mai, la situation se dégrade considérablement entre les étudiants et les CRS. Révoltés plus que jamais, ils livrent des combats de rues contre les forces de l'ordre (qui portent alors leur nom à merveille…). Voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées, centaines de blessés : le pays est stupéfait, consterné. Les étudiants gagnent alors l'opinion publique. Le 13 mai, les syndicats manifestent avec les étudiants pour protester contre les brutalités policières et le 14 mai, une vague de grèves est entamée.

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  • L’avenir du passé

    JOURNEE DES MEMOIRES DE LA TRAITE NEGRIERE ET DE L’ESCLAVAGE


    Le 10 mai est officiellement depuis 2005 la Journée commémorative de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Retour sur un devoir de mémoire devenu indispensable et qui prend aujourd’hui la forme concrète du souvenir, de la transmission par l’enseignement et par la recherche.


     

    Si peu connaissent le commerce triangulaire, le Code noir, les conditions effroyables de la traite négrière. Si peu admettent la responsabilité française, les vacillements du processus abolitionniste (à deux reprises), les arguments racistes inadmissibles, les ports spécifiques à la traite (Bordeaux, Nantes), et nombreux sont ceux qui appellent à l’amnésie, à l’oubli au nom de l’unité nationale et républicaine. Nombreux sont ceux qui évincent la repentance ou le pardon. Malgré tout, la vérité et la mémoire s’affirment contre les ressentiments, les colères ou les absences. C’est pourquoi cette journée est un symbole fort parce qu’elle transcende les particularismes pour devenir l’expression, non d’une victoire de la victime sur le bourreau, mais de la prédominance de la véracité historique sur une “mémoire vaine”.


    Un long processus

    La première mesure législative concrète concernant la commémoration de l’esclavage remonte à 1983 sous la présidence de François Mitterrand. Chaque département d’outre-mer pouvait évoquer “l’abolition de l’esclavage” à partir d’une date spécifique (fériée). La mesure était donc restrictive pour deux raisons : elle n’était pas nationale mais locale, rivant ainsi le devoir de mémoire à un sentiment communautaire, à une identité singulière et elle concernait exclusivement l’abolition de l’esclavage (et non la reconnaissance de la traite négrière). Il a fallu attendre 18 ans pour admettre, sous l’impulsion du député de Guyane Christiane Taubira, l’évolution claire et dense de la loi. Une loi du 21 mai 2001 qui tend à la reconnaissance par la France de “la traite négrière, de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité”, impliquant également des initiatives en faveur de la recherche, de l’enseignement et instaure un comité de personnalités censées réfléchir à une date nationale commémorative.
    Ce “comité pour la mémoire de l’esclavage”, présidé par
    Maryse Condé, sera institué à partir du 5 janvier 2004. Le 10 mai, jour du vote au Parlement, est retenu comme date officielle de commémoration annuelle. La version définitive se nomme ainsi “Journées des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions”.


    Le conflit des mémoires

    “(…) nous comprenons combien l’activité de nomination a d’importance et que nommer une chose, c’est la transformer”, notait un Sartre écrivain et engagé. La question se pose dans ce cas-là car elle engage une vision singulière de l’histoire nationale et de la mémoire.
    D’où la réfutation d’une première erreur : la mémoire de l’abolition n’est pas la mémoire de l’esclavage. Une telle distinction sémantique s’imposait comme révélatrice d’une opposition idéologique. Insister sur l’abolition, c’est s’attacher à exalter principalement la vivacité humaniste de la France, c’est absoudre aussi une partie de l’histoire, la plus gênante évidemment. Reconnaître la responsabilité de la France en ce qui concerne les traites négrières et l’esclavage, revient à imposer un travail objectif de recherche historique, à accepter de regarder son histoire en face avec courage et impartialité et à faire acte de “repentance” (moins la connotation religieuse). De plus, refuser ce passé dramatique revient aussi à escamoter la question du colonialisme, autre forme de l’esclavage, et les problématiques d’aujourd’hui.


    Un passé si présent

    En effet, si ces six dernières années ont été l’objet d’une exposition médiatique de l’esclavage et du colonialisme, c’est en raison d’une crise d’identité importante que vit la France. L’unité nationale vacille sous la légitime persistance des mémoires. Le passé semble rappeler à l’ordre le présent. Rejetés par une République honteuse et amère de son histoire, les Noirs de France cherchent des repères et réclament ce que les parents n’ont pas pu exprimer : la réalité des rapports entre la France et la traite négrière. Quand les silences ont fini par s’estomper, les nouvelles générations ont senti la fêlure, le décalage. Comment se sentir, dès lors, inscrit dans une communauté nationale quand la mémoire flanche ?
    La question d’un néocolonialisme a été posée. Responsable de la ghettoïsation, de la discrimination et des précarités actuelles, les préjugés hérités de la période coloniale continueraient à sévir. Si cette position doit être relativisée, le sentiment d’injustice persiste.


    La concurrence mémorielle

    Cette journée est aussi essentielle pour apaiser les radicalismes. La cécité républicaine, donnant l’impression de rejeter une partie de la population, a permis d’engendrer les excès et les réappréciations. L’attitude de certaines personnalités ou de certaines associations est évidemment condamnable pour leur antisémitisme et leur dérive communautariste improductive. Malheureusement, au-delà de ces phénomènes spectaculaires et minoritaires, elle reflète une véritable frustration que les pouvoirs publics auraient dû prévenir. La mise en opposition absurde de la Shoah et de l’esclavage est symptomatique d’un ravissement d’un espace laissé vacant : celui de la mémoire et de l’histoire de l’esclavage. Le problème ne concerne pas une concurrence mémorielle entre ces deux communautés, mais la capacité de la France à regarder son histoire en face. N’oublions pas que la reconnaissance de la responsabilité française dans la déportation de nombreux juifs durant la Guerre n’a été reconnue, par le président Jacques Chirac, qu’en 1995. Plus simplement, il s’agirait plus de rassembler, de travailler ensemble - tout en préservant les spécificités des mémoires -, afin de rendre à l’humanité ce qui lui appartient : ses défaillances les plus odieuses et ses vertus les plus lumineuses, ses faiblesses récurrentes et ses sursauts éthiques. Et cela, au-delà des clivages politiques et des intérêts particuliers.


    La confusion de l’histoire et du politique

    Aminata Fall dans son livre ‘Noirs de France’ n’hésite pas à s’en prendre fermement aux historiens pour leur silence et le peu de travaux au sujet de l’esclavage. Ceci expliquerait la querelle, entre les politiques et les historiens, ouvertement déclenchée lors de la proposition de loi de Christiane Taubira. Beaucoup ont vilipendé une ingérence de la politique dans le domaine de l’activité historique car la politique n’a pas à écrire l’histoire, selon ces détracteurs républicains. Malheureusement, le 23 février 2005, une loi votée par les représentants de la Nation préconise l’enseignement de l’aspect “positif” de la colonisation. De plus, la publication du livre d’Olivier Pétré-Grenouillau, relativisant la portée singulière de la traite négrière transatlantique, au regard des traites orientales et intra-africaines, a renforcé les colères ou les satisfactions et a démontré l’impossibilité d’une analyse objective sans réappropriation idéologique. En fait, les sentiments personnels viennent encombrer le travail des historiens et le silence des chercheurs laisse place aux interprétations partisanes. D’un côté, certains refusent la mauvaise conscience et la culpabilité au dépend de la vérité historique, de l’autre on exalte les radicalismes et on appelle à la repentance.

    En fin de compte, le travail effectué depuis le vote de la loi Taubira a permis un apaisement de la situation à court terme, chacun attendant fermement les effets de cet engagement national. Cette journée de commémoration est également l’occasion de multiplier les possibilités de recherches et de développer l’enseignement dans les milieux scolaires et les universités.
    Le devoir de transmission et d’éclaircissement de l’histoire fait, en effet, partie de la loi.
    Non pour imposer une interprétation singulière, mais afin de permettre un véritable travail de mémoire et d’écriture. Comme le proclame un vieux proverbe chinois, “Une bonne mémoire ne vaut pas un pinceau usé”.


    Une journée de mémoire et de réconciliation

    Aborder l’histoire avec le souci exclusif de dire le vrai pour préserver le passé des interprétations subjectives. L’occasion de rappeler aussi qu’il reste beaucoup à faire pour la reconnaissance de l’esclavage et de la traite négrière, au risque de voir les conflits ressurgir insatiablement. Beaucoup ont pu, dès lors, s’étonner du discours du nouveau président de la République, quand il a affirmé : “Je veux en finir avec la repentance qui est une sorte de haine de soi.” Malheureusement, pour en finir avec elle, il faudrait qu’elle soit entreprise, initialement…


     

    Thomas Yadan pour Evene.fr - Mai 2007


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