• Le petit chaperon rouge (Revu et corrigé)

    Conte du Nivernais
    Recueilli par Achille MILLIEN

     

     

     

    C'était une femme qui avait fait du pain. Elle dit à sa fille :
    – Tu vas porter une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ta grand-mère.
    Voilà la petite fille partie. À la croisée de deux chemins, elle rencontra le bzou qui lui dit :
    – Où vas-tu ?
    – Je porte une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ma grand-mère.
    – Quel chemin prends-tu ? dit le bzou, celui des aiguilles ou celui des épingles ?
    – Celui des aiguilles, dit la petite fille.
    – Eh bien ! moi, je prends celui des épingles.
    La petite fille s'amusa à ramasser des aiguilles.
    Et le bzou arriva chez la Mère-grand, la tua, mit de sa viande dans l'arche et une bouteille de sang sur la bassie.

    La petite fille arriva, frappa à la porte.
    – Pousse la porte, dit le bzou. Elle est barrée avec une paille mouillée.
    – Bonjour, ma grand-mère, je vous apporte une époigne toute chaude et une bouteille de lait.
    – Mets-les dans l'arche, mon enfant. Prends de la viande qui est dedans et une bouteille de vin qui est sur la bassie.

    Suivant qu'elle mangeait, il y avait une petite chatte qui disait :
    – Pue !... Salope !... qui mange la chair, qui boit le sang de sa grand-mère.
    – Déshabille-toi, mon enfant, dit le bzou, et viens te coucher vers moi.
    – Où faut-il mettre mon tablier ?
    – Jette-le au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin.

    Et pour tous les habits, le corset, la robe, le cotillon, les chausses, elle lui demandait où les mettre. Et le loup répondait : "Jette-les au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin."

    Quand elle fut couchée, la petite fille dit :
    – Oh, ma grand, que vous êtes poilouse !
    – C'est pour mieux me réchauffer, mon enfant !
    – Oh ! ma grand, ces grands ongles que vous avez !
    – C'est pour mieux me gratter, mon enfant !
    – Oh ! ma grand, ces grandes épaules que vous avez !
    – C'est pour mieux porter mon fagot de bois, mon enfant !
    – Oh ! ma grand, ces grandes oreilles que vous avez !
    – C'est pour mieux entendre, mon enfant !
    – Oh ! ma grand, ces grands trous de nez que vous avez !
    – C'est pour mieux priser mon tabac, mon enfant !
    – Oh ! ma grand, cette grande bouche que vous avez !
    – C'est pour mieux te manger, mon enfant !
    – Oh ! ma grand, que j'ai faim d'aller dehors !
    – Fais au lit mon enfant !
    – Au non, ma grand, je veux aller dehors.
    – Bon, mais pas pour longtemps.

    Le bzou lui attacha un fil de laine au pied et la laissa aller.
    Quand la petite fut dehors, elle fixa le bout du fil à un prunier de la cour. Le bzou s'impatientait et disait :
    – Tu fais donc des cordes ? Tu fais donc des cordes ?
    Quand il se rendit compte que personne ne lui répondait, il se jeta à bas du lit et vit que la petite était sauvée. Il la poursuivit, mais il arriva à sa maison juste au moment où elle entrait.


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