• Légende Indienne

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    LA JEUNE MERE INDIENNE - CONTE DE JOCELYNE MARQUE - TOUS DROITS RESERVES


     

     
         

    Un rêve étrange avait réveillé Douce Fleur, cette nuit.
    Un de ces rêves que l'on ne peut chasser.
    Elle s'était éveillée, la gorge serrée, le cœur lourd. Voilà bien des lunes que son désir de bercer un enfant la tourmentait mais il semblait inaccessible, son ventre était comme un fruit desséché.
    Elle s'était vue en songe, désespérée devant une couche vide, inondant de ses larmes ses beaux vêtements de mariage.
    Quand elle eut confié ses craintes au shaman, son visage soucieux fut son unique réponse. Douce Fleur comprit que jamais elle ne serait mère,
    jamais elle ne serait une vraie femme !

    Poussée par le désespoir et la honte, elle s'enfuit à cheval, le plus loin possible du campement.
    Elle erra ainsi longtemps, au hasard, sans prêter attention au paysage rougeoyant qu'elle traversait. C'était la saison où les érables se parent de
    pourpre et flambent, sous un ciel pur.
    Puis, le corps meurtri par sa longue chevauchée, elle s'arrêta enfin, près
    d'un lac. Elle attacha son cheval à un arbre et prit la décision de se reposer
    un peu. Quel serait son avenir, à présent ? Elle l'ignorait.

    Et, c'est à cet instant, dans ce lieu de paix, qu'elle se souvint des traditions
    ancestrales. Autrefois, les femmes partaient quatre soleils et quatre nuits,
    dans la forêt pour créer des liens avec la nature, avant de donner naissance
    à leur enfant.
    Elle se sentit alors plus calme. Elle devait se laisser guider par l'intuition
    de toutes ces femmes qui l'avaient précédée, mettre ses pas dans les
    leurs avec confiance. Et le Grand Manitou ferait le reste !

    " Allume un feu. Il ne doit pas s'éteindre... " disaient des voix féminines.
    C'est donc ce qu'elle fit, obéissante, avec des branches mortes éparses.
    Puis une fois que ce fut fait, elle s'assit.
    La flamme montait très haut dans l'obscurité, rouge, jaune, vaillante.
    Et comme Douce Fleur lui offrait ses mains, elle parla :
    " Petite, ne perds pas espoir. Regarde ma force vive, je te la donne. "
    La flamme s'élança, grimpa en une immense gerbe crépitante, libre,
    et son chant était un long et interminable cri d'allégresse.

    " Apprivoise le vent... "
    Douce Fleur laissa alors le vent caresser son visage. Elle ferma les yeux
    pour mieux l'écouter...

    Ne sois pas triste, je suis ton ami.
    Je marcherai à tes côtés, sans jamais te quitter.
    Je te caresserai si tendrement que tu oublieras tes souffrances.
    Je te consolerai si bien de mon souffle parfumé de fleurs fraîches que je                                                                     
    sécherai tes pleurs.

    Les yeux de la jeune indienne brillaient maintenant d'espoir retrouvé.
    Elle n'était plus une femme mais était le vent enjôleur, l'arbre pourpre,
    la flamme jaillissante. Elle était la terre, elle était le ciel. Elle était tout
    cela et encore plus.
    Elle était grande et forte.
    Elle était vivante et portait en elle la mémoire de ses ancêtres.
    Et comme elle était toute à sa prière avec Mère Nature, elle eut la
    sensation d'être observée.

    Elle aperçut alors, par delà le feu, le regard d'un loup.
    Douce Fleur, cependant, n'eut pas peur.
    " Invite le loup et il s'il apparaît, il sera source de richesses, de fertilité... "
    Le grand Loup Blanc à l'épaisse fourrure la regardait paisiblement. Ses
    yeux magnifiques rayonnaient de bienveillance, de grands yeux couleur
    d'ambre clair, piquetés d'étoiles.

    Ils semblaient si compréhensifs que Douce Fleur sentit une paix extraor-
    dinaire l'envahir. A présent, elle ne serait plus seule avec ses chagrins !

    Le loup blanc vint s'asseoir près d'elle sans un bruit, tranquille, comme
    un ami fidèle. Elle sentit son odeur. C'était le parfum familier de son
    enfance, sucré et coloré, un parfum de lait maternel qui lui rappelait
    celui du tipi familial tanné et peint par sa mère, autrefois.
    Douce Fleur s'endormit, les yeux du loup rivés aux siens.
    Elle rêva de l'amour que lui avait donné ses parents et leur tendresse
    s'unit à celle de Loup Gris, son mari.
    Au matin, quand elle se réveilla, Loup Blanc s'en était allé mais son
    odeur flottait encore autour d'elle. Douce Fleur savait que ses pensées
    et son cœur en seraient désormais imprégnés à jamais.

    Elle se leva et s'étira. Le ciel était lumineux et le lac scintillait derrière
    les arbres
    Et comme elle caressait son cheval, elle sentit un frémissement joyeux
    dans son ventre. Elle comprit alors avec ravissement qu'un enfant s'était
    niché en secret au plus profond d'elle-même et réclamait son attention.
    C'était le cadeau de Loup Blanc.

     

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